Le confinement, catalyseur d’envie de reconversion

Chronique de Jérémy Plasseraud HelloWork pour le Journal du Net

Quête de sens, envie d’un quotidien plus en phase avec leurs valeurs et leurs attentes, ascension sociale… Qu’est-ce qui motive les actifs français à vouloir se reconvertir ?

Sans surprise, le confinement a généré des déclics, puisque selon une étude Maformation.fr (menée entre septembre et octobre 2020), près de la moitié des actifs interrogés déclaraient qu’il a participé à leur envie de reconversion. Les recherches de formation réalisées sur le site Maformation.fr ont augmenté de 40% pendant la période de confinement, en comparaison à la même période en 2019.

Le profil de l’actif en reconversion bouscule les clichés

Aussi, les résultats de cette même enquête bouleversent les idées préconçues qu’on peut se faire du profil de l’actif en projet de reconversion. Le cliché du profil super-diplômé qui souhaite quitter La Défense n’est visiblement pas si fondé que cela. A peu près autant en poste qu’en recherche d’emploi, les personnes qui ont déclaré avoir envie de se reconvertir ont en moyenne entre 11 et 20 ans d’expérience, et disposent d’un diplôme qui correspond dans la majorité des cas à leur emploi actuel. Cela ne les a pas empêché d’avoir déjà changé de métier une (43%) ou plusieurs fois (21%) au cours de leur carrière actuelle. Certains ont même déjà changé de secteur d’activité (41% plusieurs fois, 26% une fois). Et quand ils l’ont fait, c’était dans une très grande majorité des cas un choix assumé, que ce soit pour le métier (82%) ou pour le secteur (74%).

Un projet plutôt à court terme, mais qui doit encore être réfléchi

Si le profil de l’actif en projet de reconversion peut en surprendre plus d’un, les raisons qui les motivent sont plutôt prévisibles. Les actifs interrogés se projettent pour les deux tiers d’entre eux dans une reconversion à court terme et trois raisons sont principalement citées. Tout d’abord, c’est l’équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle qui est cité par 47% des sondés et qui arrive en première position devant l’envie de découvrir « autre chose » (45%). Tandis que la quête d’un métier qui a plus de sens arrive troisième, avec 44%. La curiosité et l’envie de changement semblent ensuite être de fortes motivations. Parmi les votants qui veulent ainsi découvrir autre chose, ils sont nombreux à déclarer ne plus se plaire dans leur métier (29%), leur entreprise (20%) ou leur secteur (16%). Enfin, l’évolution du statut peut être un déclencheur : 26% ne parviennent plus à évoluer, quand 21% ne trouvent pas d’emploi en lien avec leur métier actuel et 24% souhaitent tout simplement gagner plus.

La reconversion est certes un changement de vie, mais n’est pas nécessairement synonyme de mobilité. Seul un répondant sur quatre indique ainsi être prêt à changer de région, quand un sur trois souhaite rester sans sa ville actuelle.

La COVID-19 conforte les envies de reconversion

Vouloir se reconvertir oui, mais dans quel domaine ? 47% savent exactement dans quel métier ils souhaitent se reconvertir, 39% hésitent entre plusieurs métiers ou secteurs, et seuls 14% n’ont pas encore d’idée. Parmi les domaines le plus prisés, le pragmatisme s’impose, loin des clichés. Des domaines que l’on aurait pensés en haut du classement comme l’artisanat (septième – 12%) ou le web (quatorzième – 7%) se font devancer par les métiers du secrétariat (17%), des RH (15%), de la santé (14%) ou encore du commerce (13%). Depuis l’arrivée de la Covid-19, les formations dans le médico-social ont le vent en poupe. La situation sanitaire a créé des déclics, les français ont envie d’aider les autres, encore plus en cette période compliquée. 

Quel accompagnement pour leur reconversion ?

Avant de se reconvertir, il faut s’informer sur les débouchés des métiers visés. Pour cela, les personnes concernées comptent avant tout sur les sites spécialisés dans la formation (54%), sur les organismes publics (38%) mais aussi sur leur entourage (33%). Et pour franchir le pas et acquérir de nouvelles compétences, la majorité (31%) reste dans le flou et ignore comment elle va se former concrètement. 26% misent par ailleurs sur la formation continue, devant la formation initiale (22%). Il est important de rappeler qu’il existe en France de nombreuses aides pour financer un projet de formation. Chaque Français dispose notamment d’un Compte Personnel de Formation (CPF), qui est crédité d’au minimum 500€ par an pour tous les salariés à temps plein. Ces aides permettent ainsi aux actifs de franchir le pas plus facilement. Il faut se renseigner et se lancer !

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